La littérature

 

 Arthur

ou

Les lumières crépitantes de la colère 

Colloque ARTLUMIERE CERVEAU

Mouans Sartoux

Jeudi 8 Septembre 2011

 

Hommage à Arthur (1854-1891) et à Vincent (1853-1890) poètes maudits

conscrits & morts au même âge : 37 ans

Hommage de ‘l’homme aux semelles de vent’[1] au ‘suicidé de la société’[2],

 

« Ta  perpétuelle colère contre chaque chose » 

(Lettre de Verlaine, de Londres)

Car il y a d’abord la colère !

Et à la racine de cette « colère », l’absence du père et sa conséquence : une quête d’affection entièrement reportée sur une mère « surmoïque » incapable d’y répondre

Quand Arthur écrit à Demeny « je est un autre », c’est qu’il perçoit confusément un enjeu existentiel majeur « indispensable pour sauver son psychisme du manque du père face à la toute-puissance maternelle ».

  • Sa poésie devra lui servir
    1. non seulement à percevoir effectivement sa véritable identité,
    2. et à rendre intelligible son univers personnel de sensations, de sentiments,
    3. mais surtout à faire sauter ce faux-moi déterminé par l’influence maternelle, les refoulements prescrits par la morale : faux-moi dont le subjectivisme poétique est le véhicule traditionnel.
  • Mais sa poésie
  1. ne sera pas seulement chargée de mettre à découvert le sentiment de manque constitutif de son vrai-moi :
  2. elle est sommée de le combler.
  • En effet, dans la poésie, le pouvoir des mots ne se réduit pas à leur fonction de représentation de l’idée :
  1. « Les sens du Pubère []demandent à réifier la chose pensée, que ce soit le père absent, la détresse maternelle ou le fantasme sexuel ».
  2. Chez le poète Rimbaud, « la représentation est censée régresser jusqu’à l’excitation- sensation, et s’y décharger » [3].
  • Si traumatisme homosexuel il y a, on peut le noter comme une coexistence paradoxale et ambivalente du « goût et du dégoût homosexuel pour le père[4] ».

-          Gérard Pirlot considère que, dans nombre de ses poèmes, « Rimbaud se révèle à la fois

  1. culpabilisé de la partie ‘animale’ et sexuée en lui
  2. en même temps que, démiurge, il ré-invente la réalité sexuelle d’un Monde charnel bafoué par l’hypocrisie d’une morale religieuse et bourgeoise anti-sexuelle… et donc anti-génitale[5] ».  
  3. Quand Rimbaud décide d’abandonner la poésie, serait-ce qu’« une fois la métaphore paternelle reconstituée par le Verbe poétique, y rester – comme poète consacré – aurait signifié s’en éloigner puisque l’imago de ce père était aussi celle d’un homme d’aventure et de voyage ».
  4. Et Arthur s’en est allé en quête de son Graal – retrouver ce père mythique au Harar. Hélas, comme le montre la correspondance de Rimbaud, cette nouvelle quête du père ne rencontra finalement que l’ennui, la solitude, le désert, une incurable mélancolie … et le cancer que l’on est (je le suis !) fortement tenté de considérer comme une pathologie somatique : « Quand le chagrin ne trouve plus d’issue dans les larmes, ce sont les organes qui pleurent [6]».

 *          *

Les Illuminations ne sont pas un texte facile. Elles sont réellement hermétiques. Sans crier cependant à l’illisibilité structurelle et définitive des Illuminations.

Et elles ne sont pas difficiles uniquement parce que nous sommes ignorants – du contexte socio-historique, des références culturelles qui étaient celles de Rimbaud …, mais parce qu elles parlent de vie intérieure inconsciente : celle d’Arthur et la nôtre  

Expérience de lecture commune 1

Villes I
  • Ce sont des villes!
  • C’est un peuple pour qui se sont montés ces Alleghanys et ces Libans de rêve!
  • Des chalets de cristal et de bois qui se meuvent sur des rails et des poulies invisibles.
  • Les vieux cratères ceints de colosses et de palmiers de cuivre rugissent mélodieusement dans les feux.
  • Des fêtes amoureuses sonnent sur les canaux pendus derrière les chalets.
  • La chasse des carillons crie dans les gorges.
  • Des corporations de chanteurs géants accourent

      dans des vêtements et des oriflammes éclatants comme la lumière des cimes.

  • Sur les plates-formes au milieu des gouffres, les Rolands sonnent leur bravoure.
  • Sur les passerelles de l’abîme et les toits des auberges l’ardeur du ciel pavoise les mâts.
  • L’écroulement des apothéoses rejoint les champs des hauteurs

      où les centauresses séraphiques évoluent parmi les avalanches.

  • Au-dessus du niveau des plus hautes crêtes,
-         une mer troublée par la naissance éternelle de Vénus,
-         chargée de flottes orphéoniques et de la rumeur des perles et des conques précieuses,
-         la mer s’assombrit parfois avec des éclats mortels.
  • Sur les versants, des moissons de fleurs, grandes comme nos armes et nos coupes, mugissent.
  • Des cortèges de Mabs en robes rousses, opalines, montent des ravines.
  • Là-haut, les pieds dans la cascade et les ronces, les cerfs tètent Diane.
  • Les Bacchantes des banlieues sanglotent et la lune brûle et hurle.
  • Vénus entre dans les cavernes des forgerons et des ermites.
  • Des groupes de beffrois chantent les idées des peuples.
  • Des châteaux bâtis en os sort la musique inconnue.
  • Toutes les légendes évoluent et les élans se ruent dans les bourgs.
  • Le paradis des orages s’effondre.
  • Les sauvages dansent sans cesse la Fête de la Nuit.

Car il arrive à l’inconnu !

Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun !

Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions,

il les a vues !

EXAMINONS LES TERMES MÊMES QU’EMPLOIE ARTHUR DANS SES 3 LETTRES DITES DU VOYANT

A – La chanson n’est la pensée chantée et comprise du chanteur : car JE est un autre

  1. « L’homme ne se travaillant pas, n’étant pas encore éveillé, ou pas encore dans la plénitude du grand songe .
  2. La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière; il cherche son âme, il l’inspecte, Il la tente, I’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver;
  3. Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant.
  4. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences.
  5. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, – et le suprême Savant !

Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innommables: viendront d’autres horribles travailleurs; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé »

B – Donc le poète est vraiment voleur de feu[7].

  1. « Il est chargé de l’humanité, des animaux même ;

ü      il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ;

ü      si ce qu’il rapporte de là-bas a forme, il donne form ;  si c’est informe, il donne de l’informe.

  • Trouver une langue ;
  1. Cette langue

ü      sera de l’âme pour l’âme,

ü      résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant.

ü      Le poète définirait la quantité d’inconnu s »éveillant en son temps dans l’âme universelle :

ü      il donnerait plus – que la formule de sa pensée, que la notation de sa marche au Progrès !

ü      Enormité devenant norme, absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !

  1. Cet avenir sera matérialiste, vous le voyez »

C – Je travaille à me rendre voyant :  

  1. Il s’agit d’arriver à l’inconnu par le dérèglement de tous les sens.
  2. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n’est pas du tout ma faute.
  3. C’est faux de dire : Je pense : on devrait dire : On me pense.

Je est un autre.

 

*         *

*

Pour Rimbaud, l’illumination est ce court-circuit intérieur qui met en branle sa sensibilité et son imagination, c’est aussi une réalité proche – selon Verlaine — d’un mot anglais qui désigne des « gravures coloriées », comme celles que l’on trouve dans les livres illustrés des enfants…

Ainsi on peut qualifier sa poésie d’

ü      Exercice de

ü      délire

ü      quasi extatique ;

ü      une rédaction chaotique,

ü      désarticulée ;

ü      des cris qui donnent

ü      impression d’inachèvement,

ü      et provoquent les résonances

ü      d’émotions brutales,

ü      et d’interrogations.

ü      Dans le dédale de ses associations d’idées,

ü      l’esprit enfiévré de Rimbaud

ü      s’échappe en permanence à la logique de la raison.

  • Si « Le poète se fait voyant par un long, immense et déraisonné dérèglement de tous les sens. » dans Correspondance, à Paul Demeny, 15 mai 1871), il va alors exercer

ü      un rôle hypnotique,

ü      ésotérique et symbolique,

ü      incantatoire

ü      et se livrer à un délire visuel (Désillusion ou espoir fou du poète ? La barbarie opposée aux vertus civilisatrices)

ü      en un poème mystique (et même du genre apocalyptique)

ü      d’où se dégage une « ténébreuse et profonde unité » 

*          *

C’est là que j’ose le diagnostic suivant

 Pathologie psychotique infantile acquise 

Notre Arthur me paraît avoir souffert[8] toute sa vie de troubles de la communication et de la relation, suites vraisemblables d’autisme infantile et de troubles de la réciprocité : une quasi impossibilité d’exploiter, en tant que l’enfant qu’il fut,  sa “psychologie naïve”, naturelle !

Et la conséquence la plus coutante dans ces cas est un trouble précoce de l’empathie :  une sorte de « cécité mentale » : une cécité pour l’activité psychique de l’autre -mind blindness- ou une sorte de “négligence” -mind neglect- au sens de la neuropsychologie : un aveuglement (paulinien[9]) provoqué par une différence de potentiel

  1.  
    • entre le surmoi de la paysanne Marie Catherine Vitalie Cuif, sa mère
    • et le moi mort né d’Arthur !
Arthur fut « condamné »

  • à  « perdre » le monde qui l’ « enfermait »
  • pour rejoindre « un autre monde »,

celui qui lui permit de « chausser des semelles de vent » !

comme cela se passe dans un court circuit !

 Mais qu’est-ce qu’un court-circuit ?

C’est la mise en connexion volontaire ou accidentelle de deux points (ou plus) d’un circuit électrique entre lesquels existe une différence de potentiel, par un conducteur de faible résistance : il donne naissance à un courant de court-circuit qui provoque l’apparition d’un arc électrique. On parle aussi de claquage diélectrique de l’air.

 Arc électrique

Ces altérations de la constitution de la représentation de soi et de l’autre sont des symptomes indubitables de la schizophrénie et offrent des expressions cliniques sensibles dans la communication verbale et non verbale, marquée par la bizarrerie, l’hermétisme ou l’étrangeté…. Autant d’anomalies de la pragmatique de la communication, mentale et verbale : pensées, langage, affects, comportement moteur que l’on rencontre à chaque « pas » dans la poésie rimbaldienne…(et les démonstrations pharisaïques de St Paul comme ses poèmes chritiques…)

=Arthur éprouva jusqu’à ses 17 ans un trouble évident de l’accès à la vie mentale d’autrui. Ces troubles sont en effet très proches de ceux des enfants autistes : ils expriment sinon une rupture – au moins, une particulière difficulté -,  de l’établissement d’une relation d’empathie avec autrui, au sens d’une appréhension et compréhension – ou prise en compte -, de l’autre dans l’interaction sociale.

Délire et hallucinations témoignent alors d’un trouble de la conscience de soi  et symétriquement un trouble de la conscience de l’autre.

Le délire, par exemple, semble avoir fait aller Arthur jusqu’à la conviction que ses intentions ou ses actions pouvaient commander les événements du monde, ou exercer une influence sur la pensée et les actions d’autrui : « Magic ! ». (Et que dire de Paul ?!)

Arthur n’était pas loin (?) de faire l’expérience pathologique d’être l’agent des actions d’autrui, voire des événements qu’il pouvait observer, s’attribuant à soi-même certaines de ces actions et certains événements externes, pourtant tous indépendants de son action propre, mais qu’il relierait à ses intentions propres : la question du “qui” (who system ou système du “qui”) : devenant ainsi l’agent d’une action, dissociée de la conscience de celle-ci.[10]

De ce point de vue, les symptômes positifs (ici : hallucinations acousticoverbales et automatisme mental) témoigneraient de pertes occasionnelles de différenciation entre son activité mentale propre et celle d’autrui (trouble du repérage de la source ou de l’origine de son activité mentale.) Témoins encore : l’intervention d’ « un autre » dans ses pensées et dans son monde privé -  qu’il s’agisse d’entendre des voix étrangères qui ordonnent ou commentent ses actes, ou de ressentir qu’un contrôle externe, qu’une “influence” s’exerce sur ses pensées et intentions, ou enfin que ses actions et intentions se confondent avec celles de cet « autre »[11].

Ces symptômes n’ont cessé d’altérer chez Arthur la différenciation – ou limite ,- entre le “soi”, et le monde externe ou le champ de l’autre, menaçant ainsi en permanence le sentiment élémentaire de « soi ». « Halluciné », Arthur fut en effet toujours confronté à un autrui « imaginaire ou virtuel », dans une interaction ou une interlocution.

Il souffrit toute sa vie de cette expérience douloureuse, menaçante et intrusive, du fait d’avoir été, enfant, pensé par cet « autre » qu’était sa mère.

Et ce que j’appellerai « ses anomalies du langage, de la pensée et de l’organisation symbolique » (accès au sens et à la métaphore) sont une preuve de cette pathologie psychotique infantile acquise où l’expérience de l’altérité et les limites de l’empathie ont « suspendu » le fonctionnement d’un “système de l’autre” ou du “différent”.

Enfance IV
     Je suis le saint, en prière sur la terrasse, — comme les bêtes pacifiques paissent jusqu’à la mer de Palestine.
     Je suis le savant au fauteuil sombre. Les branches et la pluie se jettent à la croisée de la bibliothèque.
     Je suis le piéton de la grand’route par les bois nains ; la rumeur des écluses couvre mes pas. Je vois longtemps la mélancolique lessive d’or du couchant.
     Je serais bien l’enfant abandonné sur la jetée partie à la haute mer, le petit valet, suivant l’allée dont le front touche le ciel.
     Les sentiers sont âpres. Les monticules se couvrent de genêts. L’air est immobile. Que les oiseaux et les sources sont loin ! Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant.

 

LE GENIE
Il nous a connus tous
et nous a tous aimés.
Sachons,
cette nuit d’hiver,
  • de cap en cap,
  • du pôle tumultueux au château,
  • de la foule à la plage,
  • de regards en regards,
  • forces et sentiments las,
le héler et le voir,
et le renvoyer,
et sous les marées
et au haut des déserts de neige,
suivre ses vues,
ses souffles,
son corps,
… son jour.

 

Biblio & discographie

  1. Antoine Raybaud, Fabrique d’Illuminations, Seuil, 1989. « il fait sans cesse acte de modernité« .
  2. Bruno Claisse, Rimbaud ou « le dégagement rêvé« , Bibliothèque sauvage, 1990 : l’ »idéologie des Illuminations », ou encore « l’implication réciproque du poétique et du politique dans cette œuvre-phare de la modernité ». 
  3. Antoine Fongaro, De la lettre à l’esprit. Pour lire Illuminations, Champion, 2004. « l’un des plus astucieux, logiques et érudits commentateurs des Illuminations » (S. Murphy, Parade sauvage, n°20). –
  1.  
    • [l'importance des sources (Rimbaud fut un grand lecteur et un grand recycleur de textes lus) ; et paradoxalement, un prophète de textes à venir !
    • l'homogénéité du texte des Illuminations (les poèmes s'éclairent souvent les uns par les autres) ;
    • l'obscénité cryptée (les obscurités du texte voilent souvent des obscénités).]
  1. Ernest Delahaye, Les Illuminations et Une saison en enfer de Rimbaud, Messein, 1927
  • [« parcourir superficiellement les textes en y cherchant selon les chapitres soit des « souvenirs », soit des « sensations », soit des « rêves », soit des « petites images », etc., mais sans se faire un devoir d’élucider un sens ou une pensée construite ».
  • Rimbaud montre une certaine propension à hypostasier la puissance intellectuelle ou l’inspiration poétique, à en faire une entité autonome, une force extérieure s’imposant à son propre esprit, une sorte de divinité, « ce qui paraîtra surprenant de la part d’un athée » (p.53).
  • l’ancrage réaliste que Delahaye suppose à certains de ces textes.« Villes – Ce sont des villes… »]
  1. Gérard Pirlot, C’est le diable au milieu des docteurs : La colère de Rimbaud, de la poésie au cancer, in : L’adolescence entre les pages. Psychanalystes sous influence littéraire (Éditions in press, 2005)
  2. Le compositeur britannique Benjamin Britten a mis en musique 10 poèmes en 1939. Les Illuminations, op. 18 est un cycle de mélodies pour voix aiguë (soprano ou ténor) et orchestre composé par Benjamin Britten en 1939 sur des poèmes d’Arthur Rimbaud extraits de son recueil-éponyme, et créé le 30 janvier 1940 à Londres par la soprano Sophie Wyss et le Boyd Neel Orchestra sous la direction de Boyd Neel[1]. L’œuvre se compose de neuf parties (dix poèmes) et son exécution demande un peu plus de vingt minutes. : dont II Villes

 


[1] Ernest Delahaye

[2] Antonin Artaud

[3] Gérard Pirlot, C’est le diable au milieu des docteurs : La colère de Rimbaud, de la poésie au cancer, in : L’adolescence entre les pages. Psychanalystes sous influence littéraire (Éditions in press, 2005), 191. On a pu parler de « la sexualisation généralisée de la langue rimbaldienne » Anne- Emmanuelle Berger, « Sens dessus dessous, ou le carnaval de Rimbaud » (127), in Steve R Un parcours de lecture dans Parade sauvage
« Hommage à Steve Murphy »
, octobre 2008.  Et De « Un cœur sous une soutane » à « Rêve« , la production littéraire de Rimbaud exprime avec constance une fascination joueuse pour les « basses fonctions du corps » où la psychanalyse reconnaît une manifestation caractéristique de l’érotisme infantile : odeurs de pets, de chaussettes, de foire, sueurs, puanteurs (cruelles), accroupissements, morves (d’azur), crachats (de la mitraille, des nymphes noires), sang (menstruel, sacrificiel), coulures, mictions, éjaculations, larmes (de lait), hoquets bachiques, sursauts stomachiques, salives, baves 

[4] Ne peut-on pas voir dans « Les remembrances d’un vieillard idiot » un poème qui atteste d’une précoce compréhension psychanalytique de la séduction père- fils, où Verlaine joue les moments successifs d’une « objectivisation » du fantasme, puis du meurtre symbolique du père dans la décision d’Arthur de quitter Paul à Bruxelles ?

[5] ibidem 196

[6] ibidem 201

[7] Le XIXe siècle est marqué par l’héritage des Lumières et d’une certain titanisme romantique, qui met en scène l’homme révolté

  1. contre Dieu,
  2. et contre l’ordre de la nature.

Prométhée correspond ici pour l’homme à la faculté d’émancipation, parfois quelque peu blasphématoire car désacralisant la nature.

Il réside une part d’ombre dans le personnage :

  1. en se désolidarisant de l’ordre des choses,

l’homme fait surgir sa fragilité et sa solitude

[8] http://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2005-4-page-24.htm

Georgieff Nicolas , « Penser l’autre, être pensé par l’autre : intérêts de la notion de théorie de l’esprit pour la psychopathologie » , in Le Carnet PSY, 2005/4 n° 99, p. 24-33. DOI : 10.3917/lcp.099.0024

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 [9] Le moi mourant de Paul est terrassé par le Moi Tout Puissant du Christ, qui l’ « aveugle » pour ce monde, et lui révèle l’ « autre » ! 2 Co 12,4 : « 2 Je connais un homme dans le Christ qui, il y a quatorze ans, fut ravi jusqu’au troisième ciel (si ce fut dans son corps, je ne sais; si ce fut hors de son corps, je ne sais: Dieu le sait). 3 Et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps, je ne sais, Dieu le sait) 4 fut enlevé dans le paradis, et qu’il a entendu des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme de révéler ».

[10] Toujours St Paul : 1 Co 15, 10a : Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu,

 [11] Toujours St Paul : 1 Co 15, 10b : …et la grâce dont il m’a comblé n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi.